Accords mets et bières: quelques principes de base

Mis à jour : 21 oct. 2019

Le 2 octobre dernier, j'ai eu le plaisir d'assister à un événement médiatique entourant le premier anniversaire du Belga à l'invitation de Brouillard Communication. Je n'avais pas encore essayé cet établissement. J'y ai donc vu une belle occasion d'en savoir plus... Incidemment, j'ai aussi été interpellée par la présence de Philippe Wouters, qui officiait à l'animation de l'événement autour de la thématique des accords mets et bières belges. On n'aurait pas pu imaginer meilleur guide que lui dans cette exploration!


Mais avant d'aller plus loin, il faut savoir que le restaurant Belga (680, Grande Allée Est à Québec) est la propriété du brasseur belge Haacht. Ceci expliquant cela, l'établissement y sert une sélection de 7 de ses bières en fûts, de même que les produits brassicoles de la Microbrasserie de l'Île d'Orléans dont elle a récemment fait l'acquisition. Et pour rester dans le thème, le menu de la maison, tout en réconfort, se décline en classiques belges à la sauce québécoise. Avouons que le cadre était assez optimal pour creuser la question des accords mets et bières belges; c'est d'ailleurs un concept qu'on propose volontiers aux clients qui veulent en vivre l'expérience.

En passant, toutes les photos utilisées ici sont le travail de Marc-Éric Baillargeon (Les Festifs).

La cuve de brassage qui trône au-dessus du bar central à l'entrée de l'établissement vaut définitivement le coup d'oeil!

Comprendre la notion d'accords mets et breuvages en un paragraphe


Peu importe la nature d'un accord entre un plat et un breuvage, qu'il s'agisse de bière, de vin, de cidre, de thé, de jus ou même, d'eau, le principe fondamental demeure le même: les deux sont consommés en alternance et se mesurent donc l'un à l'autre. L'accord complémentaire vise à faire en sorte que les deux jouent dans le même registre (acidité/poids/volume), tandis que l'accord de contraste cherche à créer une expérience gustative en explorant ce qui sépare les deux sans pour autant renoncer à une certaine harmonie.


La dégustation guidée par Philippe Wouters fournit de belles illustrations pour mieux comprendre la chose.


Une bière de soif légère pour les fritures ou les produits marins


La première ronde de dégustation a mis en scène un plateau composé de croquettes de crevettes (un classique belge, parait-il), de crab cakes et de moules marinières, dans leur plus simple appareil.


Les accords de Philippe

- La Primus (une pils à 5,2% d'alcool)

- La Super 8 (une blanche à 5,1% d'alcool.)


Bien que les deux bières proposées aient eu pour effet de nettoyer le palais et de dissiper la sensation grasse laissée par la friture en bouche, la Super 8 m'a semblé mieux laisser la place aux saveurs iodées des fruits de mer.




Une bière blonde pour les protéines blanches (ex: porc, poulet, lapin, veau).... surtout lorsqu'elles sont accompagnées d'une sauce sauce crème


Pour ce service, j'ai goûté à mon tout premier waterzoi de poulet, un classique belge qui consiste en un mijoté rustique lié à la crème ou au beurre. Ses saveurs délicates m'auraient donné du fil à retordre, j'étais donc curieuse de voir ce que Philippe en ferait.


Les accords de Philippe

- La Tongerlo Lux (une blonde à 6% d'alcool)

- La Charles Quint Dorée (une blonde à 8,5% d'alcool)


Le bièrologue nous a assuré qu'un plat au profil de goût simple et sans grande intensité représentait une belle occasion de réaliser un accord de contraste qui mettrait en exergue les propriétés de la bière. Comme de fait, les notes épicées de la Lux ont amené un "kick" bienvenu à l'expérience de dégustation.




Une bière plus foncée, plus sucrée et plus ronde pour les viandes rouges mijotées, surtout si celles-ci sont accompagnées d'une sauce sucrée


Carbonade flamande, veau sauce aux airelles et boulettes sauce lapin se sont retrouvés au cœur du troisième service. Je ne connaissais aucune de ces spécialités belges, et j'ai été surprise de constater qu'il n'y avait aucun lapin dans les boulettes éponymes, mais plutôt, un sirop de poire connu sous le nom de sirop de liège.

Les accords de Philippe

- La Tongerlo Nox (une brune à 6,5% d'alcool)

- La Charles Quint Rubis (une rouge à 8,5% d'alcool)


En ce qui me concerne, la Rubis, un accord complémentaire, a remporté haut la main cette ronde. Avec son caractère charnu et son bouquet fruité, elle a donné la réplique de manière très convaincante.




Une bière sucrée, voire fruitée pour le dessert


Gaufre liégeoise au coulis de baies, mousse au chocolat et crème brûlée sont venues clore le festin et illustrer la possibilité de réaliser un accord mets et bières d'un bout à l'autre du repas.


Les accords de Philippe

- Stout à l'avoine (bière noire à 4,2% d'alcool) (servie légèrement dé-carbonisée et tiédie) - Mystic (une bière blanche à la cerise à 3,5% d'alcool)


Tandis que la stout a remporté ma faveur pour la mousse et la crème brûlée grâce à son goût sucré et céréalier, voire un brin chocolaté, la Mystic, totalement dénuée d'amertume, acidulée et sur le fruit, m'a semblé plus harmonieuse avec le coulis agrémentant la gaufre.


Les accords mets et alcools constitue un domaine d'exploration à part entière, mais puisqu'il faut commencer quelque part, j'espère que ce premier billet autour de la thématique sur La Touche Héloïse vous aura inspiré quelques explorations dans votre propre cuisine.


Si vous préférez vous laisser servir, le Belga se fera assurément un plaisir de vous accueillir. Sachez que le 3 de chaque mois, toutes les bières sont à 3$: une bonne occasion d'expérimenter à prix doux!

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